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IIF: une nouvelle génération de satellites GPS pour l’US Air Force

Moderniser le GPS : la mission du block GPS IIF

Le 31 Octobre, le lanceur américain Atlas V a envoyé en orbite le satellite baptisé GPS IIF-11, une bonne occasion pour rebondir sur les projets de géopositionnement des Etats-Unis.

Le GPS IIF-11 est en réalité le 11ème satellite à être envoyé dans l’espace sur les 12 prévus par l’U-S Air Force. Il a été envoyé au Cape Canaveral Air Force Station en Floride à la fin du mois d’octobre. Le dernier de la série, le GPS IIF-12 devrait quant à lui rejoindre sa constellation cible en février 2016. L’ensemble de ces satellites, communément appelé dans le jargon spatial ‘GPS Block IIF’ intervient dans un contexte de modernisation du système de géolocalisation américain. Conçus par Boeing, les GPS IIF représentent la nouvelle génération de satellites GPS et sont lancés depuis mai 2010. Il n’aura donc fallu que six ans aux USA pour mettre en place la nouvelle constellation de satellites.

Plus précis car plus récents, ces satellites permettent d’améliorer la sécurité du système de navigation tout en augmentant la puissance du signal pour des applications dans le domaine civil. Les processeurs dont ils sont équipés peuvent aussi être reprogrammés via la réception de mise à jour de logiciels. Plus clairement, cela signifie que le système de positionnement pourra continuellement bénéficier d’améliorations, y compris après mise en orbite des satellites. D’autre part, à des fins militaires cette fois, le signal ‘M-code’ a été davantage sécurisé notamment afin de lutter contre les brouillages GPS, dont les conséquences peuvent s’avérer dramatiques dans l’armée. Enfin, le block GPS IIF est aussi doté d’un nouveau signal civil ‘L-5’ (réglé à la fréquence de 1176.45 MHz) qui, une fois opérationnel, sera utilisé pour les situations d’urgence. D’après les spécifications techniques (disponibles sur le site de Boeing), ces satellites pèsent chacun 1,633 kg (3,600 lbs) et mesurent 251 cm x 206 cm x 180 cm. Avec une poussée au décollage variant suivant la version de 383 à 985 t, le lanceur Atlas V n’a jusqu’à maintenant montré aucune difficulté pour envoyer ces GPS IIF dans l’espace.

Des satellites pour assurer l’intérim

Il est important de garder à l’esprit l’enjeu d’un système de navigation à la pointe de la technologie. Les progrès apportés par Galileo, l’équivalent européen du GPS, n’ont fait qu’accroitre les ambitions des concurrents qui, eux aussi, cherchent à fournir des positions les plus précises possibles. Si l’on se rapporte aux améliorations technologiques apportées par les satellites Galileo, il convient de rappeler que ces appareils ont été récemment conçus, c’est-à-dire qu’ils ont pu embarquer avec eux le meilleur des technologies et notamment des horloges atomiques de meilleures précisions. Le GPS, tout comme le Glonass des russes, date de la guerre froide, ce qui suffit à expliquer les investissements américains dans le lancement de nouveaux satellites. Il faudra néanmoins bien comprendre que la course au meilleur système de positionnement est loin d’être terminée car, si les Etats-Unis envoient depuis plusieurs années des satellites GPS-IIF, ces appareils ne sont en réalité que des intérimaires conçus pour une durée de fonctionnement de 12 ans. Leur rôle est simple tout en étant crucial : garder le GPS Navstar opérationnel jusqu’à l’arrivée du GPS Block IIIA, la prochaine génération de satellites dont les performances seront assurément encore bien meilleures.